Goth loli from Harajuku
La gothic lolita

 

Il existe des panoplies qui font fantasmer les garçons ou rêver les petites filles : écolières audacieuse en col marin, infirmières sexy, soubrettes soumises ou robe de princesse. Qui aurait cru qu'un jour une mode s'approprierait à grande échelle ces deux derniers exemples ? Point de ralliement : Harajuku, point commun : fan de visual kei. Qui sont ses demoiselles aux habits incongrus ?

HISTORIQUE
Le visual kei a toujours développé un style vestimentaire particulier (d'où son nom) qui comme partout incorpore des modes. Fin des années 80 début 90, il on oscille entre le look goth/new wave (Luna Sea, Zi:kill) comparable au look occidentaux de l'époque et le look cheveux dressés sur la tête et vêtements très Kisséen comme X Japan.
Les goth loli ne sont apparues que vers la fin des années 90 (97/98). Elles sont alors minoritaires dans les concerts. Quelques artistes arborent déjà ce style surtout dans le label Key party avec entre autres Kengo de Deflower (futur Noir fleurir), Kei de Eliphas levi ou Arisu de Missalina Rei (voir photo ci dessus).

Le boom se fera en 2000 grâce à Mana (guitariste de Malice Mizer photo de gauche) qui saura reprendre à son compte cette mode et l'amplifier de façon exceptionnelle. Il crée sa propre ligne de vêtement : Moi même moitié.
Maintenant d'autres styles s'y greffe avec une recrudescence de la mode punk sous toutes ses formes : originelle, kawai, casual ou même neo punk couplé à du goth. L'inspiration vient directement de Londres pour le côté punk ou gothique, sans oublier l'influence d'artistes comme Vivien Westwood (Styliste de l'époque des Sex Pistols).
De nos jours, il existe plusieurs courant du plus kitch au plus esthétique.
Prenez le style d'Alice au Pays des Merveilles ou bien une servante du 19e siècle qui aurait rencontré les 4 filles du docteur March, le tout à la sauce gothique et vous obtiendrez une pure gothic lolita.

Goth loli à froufrou

Le look gothique japonais ne ressemble en rien à celui de l'occident. Les jupes longues sont remplacées par des jupettes arrivant aux mollets permettant de voir les chaussettes à rubans et dentelles. On appelle ces demoiselles des gothic lolita (ou goth loli). Certes on trouvera cela étrange à première vue et surtout peu crédible quand on connaît le genre musical, mais c'est ainsi la japonaise garde son côté kawaï (mignon) en toutes circonstances. Parmi les marques les plus connues (mais aussi la plus chère) il y a celle de Mana : moi même moitier. Le magasin était au départ près de l'avenue chic Omotesando (quartier d'Harajuku), mais il a déménagé ensuite au OIone. Mais n'oublions pas les autres marques : Devil, Pretty, Baby, the stars shine bright, Victorian maiden, Metamorphose temps de fille etc. On compare souvent ces jeunes filles a des soubrettes, ou des poupées de porcelaine. Certaines ressemblent à de gros choux enrobés dune multitudes de rubans et de dentelles. Avec des imprimés tissu de double rideau pour grand-mère assez spécial mais qui restent une valeur sûre.
D'autres auront l'allure plus classe, jamais agressif, un gothique plus adulte et esthétique avec des marques de créateurs comme, Na+H, alice auaa, Atelier Pierrot etc. Là on arrive à un style esthétiquement magnifique, moins fouillis et plus proche du gothique traditionnel occidental. Funakoshi (Alice auaa) a travaillé pour de nombreux groupes : Merry go round, Kaoru de Dir en grey, Eve of destiny etc., utilisant un mélange de punk, de gothique, et de fétichisme absolument magnifique. La marque de fabrique étant un effet toile d'araignée sur les vêtements.

Punk et ses dérivés…
Elles arborent d'autres looks moins tape à l'œil, comme le punk ou neo punk voir punky (kitch et kawai) avec des marques telles que h.NAOTO (voir photo de gauche), Batsu, Putumayo ou Union Jack. Ce look est de plus en plus prisé surtout grâce à des personnes comme Hirooka Naoto jeune créateur de 33 ans fana de la mode punk qui sait réinventer le vêtement : Coupe improbable, tache de peinture, vêtement incrusté d'épingle à nourrisse, superposition des tissus et j'en passe. La marque se décompose en pas moins de 10 tendances (h. NAOTO Blood, h. anarchy, Jelly etc.). Mais la majorité des vêtements des autres marques sont plus simples reprenant aussi les atouts de la goth loli en jupette avec moins de froufrou et plus de chaînes, de têtes de mort et d'épingles à nourrice. Les créations sont très inspirées de la mode londonienne punk avec un écossais omniprésent et des drapeaux anglais un peu partout.


Et les accessoires
Et oui, car il ne suffit pas de s'habiller il faut aussi avoir " le petit plus " qui fait tout ! Les japonais sont très minutieux et les boutiques regorgent de bric et de broc forcément indispensables : sac à main, bonnet, serre-tête, cravate, bijoux en tout genre, chaussures, dragonne pour décorer son portable, badge ou purikura à l'effigie de son artiste favori, angelot pour décorer sa chambre, tout est bon et le pire on en redemande !
Adresses magasins
Deux endroits s'imposent à Tôkyô, tout d'abord Harajuku. Dans la Takeshita dôri à la sortie de la gare on trouve une multitude de boutiques (Mari's rock, Richärd, Yellow house, Nude boy etc.) qui vendent des vêtements de toutes sortes. Il ne faut pas oublier le laforet, au croisement l'avenue Omotesando et Meiji, qui referme nombres de marques à ne pas louper (h. NAOTO, Putomayo, Atelier pierrot, Batsu etc.). Ensuite je vous conseille le OIone (prononcer maru i one) de Shinjuku. Ce nouveau bâtiment renferme de nombreuses boutiques qui ont pignon sur rue (h.NAOTO, Moi même moitier, ID Japan, MIHO MATSUDA etc.). Bien entendu on trouve dans d'autres magasins ou galeries marchandes les boutiques qui nous intéressent mais ces deux lieux sont les plus importants.

Magazines
Et oui la culture ne s'arrête pas à la musique et aux boutiques. Elle se poursuit dans les magazines. On en retrouve un peu dans le Kera, mais c'est surtout dans le magazine spécialisé gothic and lolita bible qu'on trouvera son bonheur. Il est en vente régulièrement dans les librairies japonaises en France. Cet énorme pavé de photos couleurs vous présentera toutes les tendances qu'elle soit vestimentaire, culinaire, mais aussi pour la décoration de votre chambre, de votre maquillage ou bien tous les accessoires qui iront à merveilles avec votre style. On y retrouve aussi des photos prisent dans la rue des différents look des passants parfois très inspirés.
On rencontre de plus en plus nos demoiselles dans les manga, le plus vieux est Kiss XXXX de Maki Kusumoto. Mais maintenant il faut chercher du côté de Mitsukaz Mihara qui a beaucoup de succès.
Pour le moment il est bien difficile de se procurer ces vêtements, à part en allant sur place, mais saluons l'initiative de metamorphose temps de filles qui ouvre son site aux acheteurs étrangers : http://www.metamorphose.gr.jp/english/index.html. Espérons que les autres marques suivront l'exemple !

Bien sûr tout ceci a un coût. Les vêtements sont hors de prix, et tomber pendant les soldes est une véritable aubaine. Faut-il encore aller au Japon et tomber au bon moment, sinon il vous reste à vous mettre à la couture et d'utiliser les patrons du gothic and lolita bible… Bon courage !

Les japonaises recherchent à se détacher de la masse et bizarrement se fond dans un autre " groupe " pour se reconnaître tout en étant originales. Autre situation perverse, les personnes adhérent à une image (punk, goth), mais non pas pour autant l'esprit et l'univers qui va avec.
Pourtant on les aime ces goth loli et on leur tire notre chapeau pour leur recherche esthétique. Les japonais démontrent tous les jours dans leurs rues qu'on peut avoir un look déjanté. D'ailleurs ce n'est pas pour rien que nos stylistes vont au Japon pour trouver la mode de demain !

 

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